Comment fixer le prix d’une œuvre ? La formule ATFU pour standardiser la tarification des œuvres d’art
- ATFU
- 10 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 déc. 2025
La fixation du prix est un équilibre délicat. Il s’agit de valoriser le travail fourni, de prendre en compte l’état d’avancement de la carrière, tout en restant cohérent avec le marché. Nous pensons qu’une formule simple et commune pourrait aider les artistes à poser un cadre pour la tarification de leurs œuvres. Une méthode standardisée, tout en laissant de la flexibilité, permettrait aux artistes émergents de ne pas sous‑évaluer leur travail et offrirait aux acheteur·euses une transparence rassurante, leur donnant confiance dans la relation qu’ils construisent avec l’artiste.
Cette formule repose sur quatre éléments principaux. Le premier est le coût matériel. Il inclut tous les éléments nécessaires à la création de l’œuvre : la toile, les pigments, le médium, le cadre, ainsi que les éventuels frais liés à l’atelier ou aux assistants. C’est le point de départ, celui qui garantit que la valeur minimale de l’œuvre couvre la dépense réelle pour la produire. On pourrait être tenté de l’ignorer, mais négliger cette étape reviendrait à ne pas reconnaître la dimension matérielle d'une œuvre d'art.
Le deuxième élément, souvent sous-estimé, est le temps passé. Chaque heure de travail a sa valeur. Il ne s’agit pas seulement du temps de réalisation, mais aussi de celui consacré à la recherche, aux essais, aux ajustements, à la réflexion. Une grande toile complexe mobilisant plusieurs semaines ne peut être comparée à une esquisse rapide. Valoriser le temps investi, c’est reconnaître la part humaine, intellectuelle et émotionnelle de la création.
Le troisième facteur à considérer est le niveau d’avancement de la carrière. Il ne s’agit pas d’arbitraire, mais d’une reconnaissance du parcours de l’artiste, de sa visibilité et de sa notoriété. Pour un·e débutant·e, le coefficient peut être faible, autour de 1, tandis qu’un·e artiste émergent·e avec quelques expositions peut multiplier ses coûts par 1,5. Un artiste établi ou reconnu à l’international pourra appliquer un facteur encore plus élevé, allant jusqu’à 2 ou 3. En Allemagne, cette pratique est courante : de nombreux artistes ajustent le prix de leurs œuvres selon les années d’exposition et l’expérience accumulée. Cette approche offre un repère objectif, qui permet de rester cohérent avec le marché tout en valorisant l’évolution professionnelle.
Enfin, il convient de prendre en compte la marge galerie ou la TVA applicable, selon les conventions locales. Dans de nombreux pays, ce pourcentage varie entre 20 et 30 %. Cette étape permet de s’assurer que le prix final est juste, en tenant compte de la chaîne qui accompagne l’œuvre de sa création jusqu’à l’acquéreur.
En combinant ces quatre éléments, chaque artiste peut obtenir une fourchette de prix réaliste pour ses œuvres. On commence par calculer le coût matériel et le temps investi, puis on applique le coefficient lié à l’expérience et enfin on ajoute la marge ou la TVA. Cette méthode n’est pas rigide : elle laisse la place à l’intuition, à la singularité de la pièce et à la créativité de l’artiste. Elle sert surtout de repère pour ne pas sous-évaluer le travail fourni et pour offrir aux collectionneur·euses un prix transparent et compréhensible.
L’intérêt de cette approche est double. Pour les artistes, elle permet de structurer leur réflexion, de gagner en confiance dans leur tarification et de s’aligner sur les pratiques du marché. Pour les acheteur·euses, elle apporte de la clarté et crée un lien de confiance avec l’artiste. Le prix cesse alors d’être une simple étiquette et devient un indicateur du temps, du savoir-faire et de l’investissement personnel que représente chaque création.
Fixer le prix d’une œuvre d’art reste un art en soi, mais disposer d’une méthode simple et compréhensible aide à prendre des décisions éclairées. C’est une manière de rendre la tarification plus juste, plus transparente et plus respectueuse du travail artistique, qu’on soit débutant·e ou établi·e.
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