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Assurer une œuvre d’art : pourquoi c’est essentiel… ou pas

  • ATFU
  • 29 janv.
  • 3 min de lecture

Dans le marché de l’art contemporain, assurer ses œuvres est souvent présenté comme une évidence. Pourtant, certains artistes et collectionneurs estiment que ce n’est pas nécessaire. Sur ATFU, nous pensons qu’il est important de comprendre les avantages et limites de l’assurance, pour prendre une décision éclairée et adaptée à chaque situation.

Pourquoi assurer une œuvre d’art ?


L’argument principal en faveur de l’assurance est simple : protéger un bien unique et précieux. Une peinture, une sculpture ou une photographie originale peut représenter des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros, sans compter la valeur émotionnelle et symbolique pour l’artiste. Les risques sont multiples : incendie, dégât des eaux, vol, accident pendant le transport ou lors d’expositions.


Selon une étude de l’Association des Assureurs d’Objets d’Art (AAOA, 2018), près de 20 % des œuvres non assurées subissent un dommage ou une perte au cours de leur vie, souvent lors de déplacements ou d’expositions. Une assurance adaptée permet de compenser financièrement ces incidents, garantissant que l’artiste ou le collectionneur ne subira pas une perte irréversible.


L’assurance est également un outil de crédibilité et de professionnalisme. Pour un artiste émergent, savoir qu’une galerie, un collectionneur ou un transporteur a assuré l’œuvre inspire confiance. Elle facilite les prêts pour expositions, les ventes internationales et les échanges entre artistes, en apportant une sécurité juridique et financière. Les compagnies comme AXA Art ou Chubb Art Insurance proposent des contrats spécifiques qui couvrent le transport, l’exposition et même certaines formes de détérioration.


Pourquoi certains s’en fichent ?

Pourtant, tout le monde ne juge pas l’assurance indispensable. Pour certains artistes émergents ou amateurs, le coût peut sembler disproportionné par rapport à la valeur estimée de l’œuvre. Un petit tableau échangé contre un service ou une œuvre d’un pair peut ne pas justifier une police d’assurance, surtout si le troc se fait localement.

De plus, certaines œuvres sont rarement déplacées ou exposées publiquement, et resteront dans un cadre privé. Dans ce cas, le risque de dommage ou de vol est perçu comme faible. Comme le souligne un article de The Art Newspaper (2021), beaucoup de collectionneurs débutants choisissent de ne pas assurer leurs pièces précieuses, préférant investir dans l’acquisition d’œuvres plutôt que dans la couverture d’assurance.


Comment décider ?

Pour savoir si l’assurance est nécessaire, plusieurs critères doivent être considérés :

  • Valeur financière et symbolique de l’œuvre : plus elle est rare ou coûteuse, plus l’assurance est pertinente.

  • Type de transaction : vente, troc, exposition ou transport régulier ?

  • Localisation et sécurité : un stockage sécurisé à domicile peut réduire le risque, mais ne l’élimine pas.

  • Budget disponible : certaines assurances couvrent des œuvres à partir de quelques centaines d’euros, mais les polices plus complètes peuvent représenter un investissement conséquent.

En pratique, il est souvent possible de combiner prudence et économies : photographier et documenter chaque œuvre, garder un certificat d’authenticité, utiliser un emballage et un stockage adaptés, et souscrire une assurance ciblée pour les œuvres les plus précieuses. Cela permet de limiter les coûts tout en protégeant les pièces à risque.


Assurer une œuvre d’art n’est pas une obligation légale pour tous, mais c’est un outil de protection et de professionnalisation. Pour les œuvres de grande valeur ou celles qui circulent fréquemment, l’assurance est fortement recommandée. Pour les échanges locaux ou les pièces modestes, certains choisissent de prendre le risque et d’investir ailleurs. L’important est de comprendre les enjeux, documenter et sécuriser ses œuvres autant que possible, puis décider en connaissance de cause.


En fin de compte, que vous soyez artiste ou collectionneur, la question n’est pas simplement “assurer ou ne pas assurer”, mais “quelle stratégie de protection correspond le mieux à la valeur et au rôle de l’œuvre dans votre pratique artistique ou votre collection ?”.


Sources et références :

  • Association des Assureurs d’Objets d’Art (AAOA), “Rapport sur les risques et assurances dans l’art contemporain”, 2018.

  • The Art Newspaper, “Do private collectors really insure their art?”, 2021.

  • AXA Art Insurance, documentation officielle, 2023.

  • Chubb Art Insurance, guidelines et conseils pour artistes et collectionneurs, 2022.

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