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Encadrer soi-même (sans trop ruiner son dessin)

Bienvenue dans la section ATFHOW, où on tente de faire les choses nous-mêmes avant d'appeler un pro en pleurant. Aujourd'hui : l'encadrement de base.


C’est le drame classique : vous avez fini une super pièce, vous voulez l'accrocher ou la vendre, et le devis de l'encadreur coûte plus cher que le prix de l'œuvre elle-même.


1. La structure : créer ses propres baguettes

Puisqu'on oublie les baguettes déjà feuillurées (celles qui ont déjà l'encoche pour le verre), on va tricher intelligemment en utilisant des tasseaux de bois brut (chêne, frêne ou pin sans nœuds). Pour créer la "feuillure" — l’espace où viendront se loger le verre et l'œuvre — sans utiliser de machine complexe, on utilise la technique du sandwich :

  • Le choix du bois : Achetez deux types de tasseaux plats de la même essence. Un large (pour la face visible du cadre) et un plus étroit (qui sera collé au dos pour créer le rebord).

  • La préparation : Collez le tasseau fin sur le tasseau large en l'alignant sur un bord extérieur. Le décalage créé à l'intérieur forme naturellement l'encoche nécessaire pour accueillir votre verre et votre fond.

  • Le séchage : Utilisez des serre-joints tous les 10 cm pour une adhésion parfaite. Une fois sec, vous avez une baguette d'encadrement professionnelle prête à être travaillée.


2. Le débit : la précision du 45°

C’est l’étape critique. Un angle à 45° qui baille de deux millimètres ruine l’esthétique du projet. Ici, la patience est plus importante que la force.

  • La règle d'or : Mesurez la fenêtre intérieure de votre cadre (là où l'image apparaît). Elle doit être environ 2 à 3 mm plus large que l'œuvre elle-même pour laisser le papier "respirer" et éviter qu'il ne gondole avec l'humidité.

  • La découpe : Utilisez une boîte à onglets et une scie à dos (à dents fines). Sciez sans appuyer trop fort pour éviter d'éclater les fibres du bois en fin de course.

  • Le ponçage de confort : Passez un léger coup de papier de verre (grain 120 ou 180) sur les arêtes pour enlever les échardes, mais ne touchez pas à la face de coupe pour ne pas arrondir l'angle.


3. L’assemblage : solidité et équerrage

Le bois "travaille", il faut donc que l'assemblage soit capable de résister aux variations de température.

  • L’encollage : Utilisez une colle à bois vinylique blanche. Appliquez-en une fine couche sur chaque face de coupe, attendez une minute qu'elle pénètre un peu, puis joignez.

  • La mise sous presse : Pour que les angles tiennent, utilisez une sangle de serrage. Elle permet de maintenir une pression égale sur les quatre coins simultanément.

  • La vérification : Mesurez les deux diagonales du cadre. Si elles font exactement la même longueur, votre cadre est parfaitement d'équerre. Laissez sécher au moins 4 heures.


4. Le fond et le verre : la protection

Une fois la structure solide, il faut choisir ce qui va protéger l'œuvre.

  • Quel verre choisir ? Évitez le synthétique premier prix qui se raye et attire la poussière par électricité statique. Privilégiez un verre minéral de 2 mm. Si votre œuvre est précieuse, cherchez un verre dit "musée" ou "anti-reflet" : il est presque invisible et bloque les rayons UV qui décolorent les pigments.

  • Le matériau de fond : Proscrivez le carton gris de récupération qui contient des acides. Utilisez du carton-bois ou du MDF de 3 mm. L'idéal est de placer une feuille de papier barrière sans acide entre l'œuvre et le fond pour garantir une conservation optimale.


5. Le montage final : l’étanchéité

Le secret d'un bon encadrement, c'est qu'il doit être "fermé" à la poussière.

  • Le nettoyage : Nettoyez le verre à l'alcool ménager et assurez-vous qu'aucune poussière n'est restée entre le verre et l'image (une bombe à air sec est très utile ici).

  • Le clouage : Pour maintenir le tout dans la feuillure, enfoncez de petites pointes de vitrier horizontalement dans le bois du cadre, au dos.

  • Le kraft de finition : Collez un ruban adhésif kraft sur tout le pourtour, à cheval entre le bois du cadre et le panneau de fond. Cela finit proprement l'objet et empêche les insectes ou la poussière de s'infiltrer au fil des années.

Il ne reste plus qu'à visser deux pitons et passer une cordelette. Votre œuvre est désormais protégée par un objet que vous avez entièrement fabriqué, avec la satisfaction d'avoir maîtrisé la chaîne de A à Z.


La réalité du terrain

Voilà, vous avez économisé 80€.

Ça a l'air tordu ? Y'a des traces de colle partout ? Vous avez laissé une empreinte de doigt sur la vitre à l'intérieur ? C'est normal, vous n'êtes pas encadreur·euse.

Si après trois essais vous avez envie de jeter le cadre par la fenêtre, respirez un grand coup et consultez notre Post sur Léa Mazet dans la section "blog". Parfois, payer pour la tranquillité d'esprit, ça vaut clairement le coup.

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